LA BONNE CIBLE : Le programme d'inspection des véhicules de plus de huit ans
La CCAQ siège également à la Table de concertation sur l’environnement et les véhicules routiers ‑ créée conjointement par la CCAQ et d'autres membres de l'industrie avec la collaboration der Recyc-Québec ‑ qui a pris la relève de la Table sur la gestion des pneus hors d’usage et a élargi ses activités. En effet, l’objectif de cette table composée d’une quinzaine d’organismes québécois de l’industrie automobile, est de discuter des aspects environnementaux concernant l’utilisation des véhicules routiers et de proposer des solutions à Recyc-Québec et aux autorités gouvernementales, comme nous l’avons fait pour les pneus usés.
Aussi, au début de 2005, la Table a recommandé au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs d’établir un important programme d’inspection des véhicules de plus de huit ans. Cette solution aurait des impacts extrêmement significatifs et bénéfiques comme mesure d’efficacité énergétique pour notre secteur d’activités.
En 2006, dans la province, on compte plus de 4 250 000 véhicules immatriculés, dont 1,7 million de véhicules sont âgés de plus de huit ans, ce qui représente 40% du parc automobile québécois. Ces véhicules sont dotés de dispositifs désuets et n’ont pas correctement été entretenus. Ils polluent donc beaucoup plus que les véhicules neufs, qui sont de plus en plus écologiques en raison des nouvelles technologies. Saviez-vous qu’une voiture de 1993 entraîne autant d’émissions liées au smog que 12 véhicules de 2006.
Le gouvernement affirme que les constructeurs d’automobiles doivent supporter l’essentiel du fardeau pour que le Canada respecte ses engagements relativement à Kyoto. Dans la réalité, les constructeurs ne peuvent pas faire grand chose. Déjà, le Canada, particulièrement le Québec, est l’une des sociétés les plus consciencieuses au monde en matière de pollution et un modèle en Amérique du Nord. Notre province est l'endroit où les consommateurs achètent le plus grand nombre de véhicules propres.
L’an dernier, le réputé Dennis DesRosiers a présenté une étude dans laquelle il précise que 55 % des véhicules vendus ici, en 2005 affiche une faible consommation d’essence. À ce pourcentage s'ajoute 27,2 % de familiales, de fourgonnettes et d'intermédiaires. Fait intéressant, M. DesRosiers explique également que les constructeurs d'automobiles jouent un rôle très marginal dans les enjeux de Kyoto en ce qui concerne les véhicules neufs. Les véhicules énergivores ne représentent que 9 % du marché, ce qui signifie une baisse de 33 % par rapport à 2004. Le spécialiste conclut que le véritable défi consiste plutôt à cibler le parc de véhicules d'occasion qui contribuent beaucoup plus aux émissions de GES que les véhicules neufs.
En adoptant le programme d’inspection, le parc automobile serait beaucoup plus écologique, tout comme le Japon l’a fait, et il est devenu l’un des pays les plus écologiques en ce qui concerne l’industrie automobile. Nous souhaitons grandement que le gouvernement adopte un tel programme qui serait beaucoup plus efficace pour réduire les GES que l’intention du gouvernement du Québec d’implanter des normes californiennes. Ces normes consistent à contrôler la pollution des véhicules neufs qui sont distribués dans la province. Cette mesure aurait des effets néfastes pour notre industrie : un grand nombre de modèles actuellement offerts par les constructeurs ne pourrait plus l’être, le coût moyen des véhicules augmenterait d’environ 3000 $ en raison de leurs configurations inédites pour être conformes aux normes québécoises, et les consommateurs pourraient se tourner du côté de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick pour faire l’achat de leur véhicule, ce qui serait néfaste pour les concessionnaires du Québec et les pertes d’emploi en découlant.
Au pays, en 2005, les véhicules ont représenté moins de 10 % des émissions productrices de smog, et environ 12 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). Par conséquent, une réglementation visant spécifiquement les nouveaux véhicules affecterait moins de 1 % des émissions de GES ou contribuant au smog. Y a-t-il une autre solution ? Nous croyons que oui.
Un programme d’inspection des véhicules pour le Québec : nécessaire
Partant, les membres de la Table s’entendent à l’unanimité pour conclure que l’implantation d’un programme d’inspection constituerait la mesure la plus efficace pour contribuer à réduire les émissions de GES dans le secteur de l’automobile au Québec.
Chaque année, on effectue environ 600 000 transferts de propriété de véhicules de la catégorie huit ans et plus. L’inspection systématique lors de ces transferts de propriété permettrait alors d’atteindre quatre objectifs fondamentaux.
Les quatres objectifs fondamentaux
| s’assurer que ces véhicules sont toujours en état de circuler sur les routes pour la protection et la sécurité des automobilistes |
| s’assurer que ces véhicules respectent les normes minimales en matière d’émissions atmosphériques, assurant ainsi une grande amélioration de notre environnement |
| sécuriser l’acheteur du véhicule à l’égard des normes de sécurité et environnementales |
| inciter les propriétaires d’un véhicule à bien l’entretenir, de façon à conserver la valeur du véhicule à la revente (principe du faire-faire) |
Un programme rentable sur tous les plans
Un véhicule bien entretenu consomme moins de carburant et, du coup, pollue moins. Le calcul est simple. En supposant que 25 % des 600 000 véhicules qui font l’objet d’une transaction de vente soient réparés pour être conformes aux normes, la réduction des gaz polluants générés atteindrait, chaque année, 95 165 tonnes de dioxyde de carbone (CO2). De façon plus concrète, l’économie d’essence annuelle pourrait atteindre 75 $ par véhicule. Ce gain très important sur le plan de l’environnement ne tient pas compte des réductions des autres gaz nocifs comme les hydrocarbures (HC), le monoxyde de carbone (CO) et les oxydes d’azote (NOx).
La mise en place du programme d’inspection des véhicules de plus de huit ans permettrait d’améliorer la masse la plus importante du parc automobile actuel. C’est pourquoi la proposition de la Table qui consiste à adopter, au Québec, un programme d’inspection des véhicules de huit ans et plus, nous apparaît comme l’initiative qui aurait le plus d’impact positif en matière environnementale.
À la suite d’une analyse rigoureuse de tous les éléments en présence, nous avons donc demandé au gouvernement de privilégier cette approche avant toute autre dans notre secteur afin de préserver l’équilibre de notre industrie et de contribuer à un monde de demain meilleur. Car nous devons agir là où ça compte.
Qu'en pense la population ?
La Table de concertation sur l'environnement et les véhicules routiers a commandé un sondage pour connaître l'opinion de la population sur un éventuel programme obligatoire d'inspection des véhicules de plus de huit ans.
Nous vous invitons à lire le dépliant préparé par la Table à l'intention du gouvernement dévoilant les termes du programme et les résultats du sondage.
Dépliant expliquant le programme d'inspection des véhicules de plus de huit ans
Source : Table de concertation sur l'environnement et les véhicules routiers
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